ZOOM : Commerzbank dopée par des rumeurs de rachat…

Le titre Commerzbank caracolait jeudi en tête de l’indice vedette de la Bourse de Francfort, poussé par les spéculations sur une cession de la part de l’Etat allemand dans la deuxième banque du pays. Vers 09H15 GMT, l’action grimpait de 4,11% à 11,28 euros, dans un marché en hausse nettement plus modeste de 0,23%.

Certes, le titre profitait comme toutes les valeurs bancaires du léger resserrement de la politique monétaire de la Fed, mais les rumeurs sur son avenir stimulaient comme la veille l’intérêt des investisseurs.

Le ministère allemand des Finances avait déclaré mercredi à la presse que l’Etat fédéral ne voulait pas rester indéfiniment actionnaire de Commerzbank et qu’il comptait toujours céder sa part dans le capital (15,6%). « Nous voulons parvenir à un bon résultat pour le contribuable allemand », ajoutait toutefois le porte-parole, précision non négligeable au vu de la fonte du titre.

Des informations de presse ont d’abord évoqué une possible fusion à moyen terme avec l’italien UniCredit, qui s’est refusé à tout commentaire et reste pour l’heure engagé dans un vaste plan de transformation excluant toute acquisition jusqu’en 2019. Jeudi matin, l’hebdomadaire Wirtschaftswoche affirmait de son côté que Berlin privilégiait « une solution franco-allemande » passant par un rapprochement avec BNP Paribas.

Des consultants ont été chargés d’examiner la faisabilité d’un tel scénario et leur réflexion en est « à un stade préliminaire », sans discussion attendue « avant novembre » avec la direction de Commerzbank, poursuit le journal. BNP, qui gagnait 1,76% à 67,13 euros à la Bourse de Paris au même rythme que les autres valeurs financières, s’est refusée à tout commentaire. « Nous n’attendons pas d’évolution majeure concernant l’actionnariat de Commerzbank à court-terme », concluaient jeudi matin les stratégistes de la banque néerlandaise ING.

De source proche du dossier, on soulignait jeudi que le cours de l’action de Commerzbank est actuellement très bas et que l’Etat pourrait ainsi vouloir le faire remonter. En août, la Wirtschaftswoche affirmait que l’Etat voudrait empocher 3,5 milliards d’euros pour la cession de sa participation, ce qui supposerait de ramener le titre autour de 18 euros, un bond de près de 60% par rapport au cours actuel.